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cérémonie Justes Céline et Henri Janailhac
Justes parmi les Nations

La médaille leur a été décernée à titre posthume pour avoir sauvé durant la guerre Mathilde, alors âgée de 10 ans.

Quand, en 1943, Céline et Henri Janailhac, un couple agriculteurs de Couzeix, accueillent la petite Mathilde Feldman âgée de 10 ans, ils ont bien conscience du danger encouru. La petite fille juive a fui Paris où sont restés ses parents pour rejoindre la zone libre. Arrivée à Limoges avec ses frères, elle est confiée aux Janailhac qui la présentent comme une cousine. L'inscrire à l'école étant trop risquée, elle aide aux travaux de la ferme. Choyée comme si elle était leur propre fille, Mathilde n'a jamais oublié le coupe Janailhac et ses deux fils, Raymond et André. Après la guerre, elle retrouve avec joie ses parents et frères à Paris, mais elle reste aussi très proche de sa deuxième famille et, chaque année, Mathilde est revenue passer quelques jours à Couzeix. Il y a trois ans, Mathilde s'est décidée à enclencher une procédure auprès du mémorial Yad Vashem afin que le couple couzeixois soit reconnu Justes parmi les Nations, une procédure longue qui nécessite de nombreux documents et témoignages.
C'est finalement le 7 mars dernier, au centre culturel, que Raymond et André ont reçu la médaille pour leurs parents, sous le regard ému de Mathilde et de sa famille, dont certains venus spécialement d'Israël pour assister à cet événement. La voix tremblante, André Janailhac a rendu hommage à ses parents : « Je ne suis pas sûr qu'ils auraient imaginé recevoir un jour un telle distinction pour avoir sauvé Mathilde. Mes parents considéraient qu'ils n'avaient rien fait d'autre que ce qu'ils devaient faire et pensaient que tout le monde aurait dû faire comme eux (...) Je crois qu'ils seraient fiers que leur nom soit inscrit sur le mur des Justes au mémorial Yad Vahem à Jérusalem. »

La médaille des Justes :
Le titre de Juste est décerné au nom de l'État d'Israël par le Mémorial de Yad Vashem, créé en 1953 en mémoire des victimes de la Shoah. Il honore « les Justes parmi les Nations qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs » Les personnes reconnues comme telles reçoivent la médaille des Justes et un certificat honorifique (remis à un proche en cas de reconnaissance posthume); en outre, leurs noms sont inscrits sur le Mur d'honneur du Jardin des Justes à Yad Vashem. C'est la distinction suprême décernée par l'État d'Israël à des non-juifs pour marquer la reconnaissance du peuple juif.
6.000 enfants juifs ont été sauvés en Limousin, région française qui compte le plus de Justes.
Médaille des Justes Raymond (à gauche) et André Janailhac (au centre) ont reçu la médaille des Justes des mains de Shlomo Morgan, ministre de l'Information auprès de l'ambassade d'Israël en France.

 
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